C’est le temps de faire une pause… et d’ouvrir la parenthèse sur un sujet d’éducation ou de psychologie qui vous touche dans votre vie quotidienne et celle de vos enfants! Accessible et original, le nouveau blogue Parenthèses sympathiques diffuse des articles, des entrevues, des billets et des capsules vidéo sur des sujets collés à l’actualité qui vous importent. Notre responsable des communications et journaliste dans l’âme Marie-Anne D., alias Œil de lynx, se donne comme mission de transmettre ses découvertes et de répondre à vos préoccupations via sa plume (de feu) et de son clavier. Fin de la parenthèse.


 

Ariane Leroux-Boudreault, en quelques lignes

Publié par Marie-Anne Dayé

Vous vous demandez qui est la jolie et brillante auteure de Fred : vivre avec le TDAH à l’adolescence? Eh bien, il s’agit d’Ariane Leroux-Boudreault, candidate au doctorat en psychologie à l’UQAM. En quelques lignes, elle vous donne un aperçu du contenu de son livre et quelques pistes pour mieux comprendre et aider les ados atteints d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Entrevue !

1. On parle beaucoup du TDA/H chez l’enfant, mais ce trouble demeure à l’adolescence. Selon toi, quelle est l’importance d’en parler ?

Il est important de parler du TDA/H à l’adolescence, car il ne disparait pas ! Certains symptômes peuvent s’estomper, mais de nouveaux défis surviennent aussi à l’adolescence. Par exemple, le passage du primaire au secondaire entraîne un changement de routine qui demande une réorganisation. Au secondaire, les élèves doivent s’adapter à plusieurs enseignants… et donc à plusieurs façons d’enseigner.

 

2. Quelles sont les plus grandes difficultés vécues par les adolescents ayant un TDA/H?

L’adolescence est une période de grands changements psychologiques, physiques et comportementaux. De manière générale, les défis rencontrés par les ados sont accrus pour ceux présentant un TDA/H.  La recherche de sensations fortes peut devenir une composante dangereuse pour certains d’entre eux. De plus, il n’est pas rare que le TDA/H soit accompagné d’autres troubles ou difficultés (anxiété, difficulté d’apprentissage, opposition, dépression, faible estime de soi, problèmes sociaux, etc.).

Toutefois, les difficultés vécues sont propres à chaque ado ayant un TDA/H. Pour certains, le fait de devoir gérer un horaire, s’adapter à plusieurs enseignants et à des matières différentes représentera un défi. Pour d’autres, le challenge sera plutôt sur le plan des relations sociales. L’adolescence vient aussi avec des choix pour lesquels il est toujours très pertinent de bien peser le pour et le contre avant de prendre une décision.

 

3. Comment maintenir une bonne estime de soi lorsque l'on est atteint de ce trouble?

Ah ! Il faut lire la page 36 du livre Hihi ! Sans blague, il est important d’être bien entouré et d’avoir des amis sur qui on peut compter. Il faut aussi savourer les petites victoires et se fixer des objectifs réalistes. Parfois, le fait de consulter un psychologue peut nous aider à nous sentir mieux.

D’ailleurs, certains organismes comme Tel-Jeunes et Jeunesse, J’écoute sont disponibles 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour les ados qui désirent bénéficier d’une oreille attentive.

4. Dans ton livre, les adolescents trouveront une foule de conseils pour mieux composer avec ce trouble. Quant aux adultes, que peuvent-ils faire pour soutenir ces jeunes?

Pour bien soutenir, il faut avant tout bien comprendre. Les jeunes ayant un TDA/H ne sont pas paresseux. Ils ne tombent pas volontairement dans la lune. Pour les enseignants, il ne faut pas hésiter à mettre en place des adaptations pour faciliter l’apprentissage des élèves par exemple. Pour ce qui est des parents, il est important qu’ils veillent à soutenir l’enfant dans ses apprentissages, à l’encourager à persévérer et à l’outiller.

 

5. Quelles ressources peuvent aider les familles et les écoles pour faciliter le parcours scolaire des jeunes ayant un TDA/H?

Tout d’abord, l’équipe école est souvent une ressource importante. En effet, les enseignants sont de plus en plus sensibilisés à cette problématique. Également, les orthopédagogues, les psychoéducateurs, les techniciens en éducation spécialisée et les psychologues peuvent être d’un grand soutien.

Le site web Allô profs, qui répond aux questions en ligne, par téléphone et par textos peut être d’un grand secours également. Évidemment, les associations comme PANDA peuvent venir en aide aux ados et leurs familles. Surtout, n’hésitez pas à consulter le site de la docteure Annick Vincent qui regorge de petits trucs pour mieux gérer le quotidien dont une section est dédiée à l’école. 

Finalement, le travail d’équipe, soit la collaboration avec le jeune, ses parents, son médecin traitant, les intervenants externes (s’il y a lieu) et le milieu scolaire est la clé du succès.

6. D’après toi, est-ce possible de poursuivre de grandes études et de développer des projets d’envergure même si l’on est atteint d’un TDA/H? As-tu des exemples?

Bien sûr ! Comme le dit si bien Dre Vincent dans la préface du livre : «On naît avec le TDA/H, mais on n’est pas un TDA/H! Chacun est unique et différent, avec son histoire, ses forces, ses défis, ses échecs, mais aussi ses succès». Je vous invite à regarder cette vidéo très motivante et inspirante réalisée par l’Institut universitaire en santé mentale du Québec, qui met en lumière le parcours du joueur de football professionnel Seydou Junior Haïdara.
D’ailleurs, plusieurs autres personnalités connues ont un diagnostic de TDA/H. C’est le casd’un humoriste bien connu au Québec, Philippe Laprise et du chanteur Dan Bigras. Certains ouvrages proposent même qu’Albert Einstein présentait des symptômes s’apparentant au TDA/H.
N’oubliez pas : le plus beau des projets et de réaliser ses propres rêves!

 

© Éditions Midi trente.